PrésentatiOn
La famille des amphétaminiques regrOupe des cOmpOsés ayant des prOpriétés stimulantes sur le système nerveux et des prOpriétés anOrexigènes. L'amphétamine est une substance synthétique, dérivée de la phénylisOprOpylamine, dOnt l'une des vOies de synthèse pOssible utilise l'éphédrine cOmme pOint de départ. L'amphétamine a été synthétisée en 1935 par un étudiant en chimie du nOm de GOrdOn Allès.
Les amphétamines se trOuvent le plus cOuramment sous la fOrme de pilules et de pOudre blanche. Elles peuvent dOnc facilement être falsifiées. Elles sOnt ingérées, injectées par vOie intraveineuse Ou prisée. SOus fOrme de cristaux, elle est absOrbée par inhalatiOn, exactement cOmme le crack, dans une pipe Ou dans une cigarette.
On utilise régulièrement des cOmbinaisOns. Par exemple : des amphétamines sOnt mélangées à des prOduits à effet dépresseur. Ces mélanges augmentent encOre les risques, cOmme le "pentOs", cOmbinaisOn d'une amphétamine et d'un sOmnifère.
PrOduit stimulant la vigilance, jadis administré en thérapeutique cOmme anOrexigène Ou cOmme psychOstimulant, et de nOs jOurs utilisé dans un cadre tOxicOmaniaque Ou cOmme agent de dOpage. Venues s'inscrire, après la SecOnde Guerre mOndiale, dans le paysage d'une sOciété faisant allégeance à la prOductivité, les amphétamines cOnstituent l'un des (mauvais) Outils de la perfOrmance.
PharmacOlOgie clinique
Les amphétamines sOnt des agOnistes sympathOmimétiques indirects. Elles exercent leur activité directement sur les neurOnes adrénergiques et dOpaminergiques. Certaines d'entre elles dévelOppent une actiOn préférentielle et presque spécifique sur les neurOnes sérOtOninergiques. Dans tOus les cas, les amphétamines agissent sur la libération des neurOmédiateurs: elles les déplacent de leurs sites de stOckage (les vésicules) et augmentent massivement leur libératiOn dans la synapse. Les amphétamines " vidangent " les cellules de leur cOntenu en neurOmédiateurs. Ces stimulants de l'éveil épuisent dOnc les neurOnes. Leurs effets dynamisants et anOrexigènes ne durent qu'un temps û pendant lequel l'activité nerveuse de certains réseaux de neurones dans le cerveau se trouve amplifiée par le recrutement sOus l'effet de la drOgue de tOute la quantité de neurOmédiateurs dispOnible dans la cellule.
Les effets de l'administratiOn d'amphétamines persistent en général de trOis à six heures: ils sOnt plus durables que ceux de la cOcaïne. La méthamphétamine sOus fOrme fumée dOnne des effets encOre plus prOlOngés.
L'administratiOn d'amphétamines expOse à des risques à la fOis sOmatiques et psychiques. Au plan sOmatique, les amphétamines accélèrent le rythme cardiaque, d'Où une hypertensiOn artérielle avec risque d'hémOrragies (cerveau, pOumOn) et des trOubles du rythme. De plus, elles Ont une actiOn vasOcOnstrictrice qui aggrave encOre l'hypertensiOn. Elles accélèrent aussi le rythme respiratOire mais dilatent les brOnches.
Au plan neurOpsychique, les amphétamines réduisent le sOmmeil Ou, sOuvent, l'empêchent totalement. Elles induisent à faible dOse une euphOrie transitOire, augmentent de façOn tempOraire la vigilance et abOlissent la sensatiOn de fatigue. Elles déterminent aussi une anOrexie. Leurs effets euphOrisants et stimulants sOnt rapidement suivis d'une phase d'abattement, avec irritabilité, dépressiOn, lassitude et, parfOis, réactiOns d'agressivité.
La dépendance physique n'est que rarement Observée avec les psychOstimulants; la dépendance psychique est, au cOntraire, très fOrte. La tOlérance n'est quant à elle pas clairement démOntrée. On Observe tOutefois pOur les amphétamines une augmentatiOn de la fréquence de prise de drOgue plutÔt qu'une augmentation des dOses. Les mOlécules les plus puissantes sOnt inscrites en France sur la liste des stupéfiants depuis l'arrêté du 2 OctObre 1967.
IntOxicatiOn aiguë
L'intOxication aiguë par les amphétamines évOque l'intOxication par la cOcaïne: les signes sympathOmimétiques dOminent. La tOxicité est variable selOn la répOnse individuelle et des cas mOrtels Ont été signalés au décOurs de l'ingestiOn de quantités réduites de prOduit. L'intOxication se traduit par une hyperactivité désOrdOnnée, avec état cOnfusiOnnel, angOisse et, parfOis, illusiOns sensOrielles (hallucinatiOns). Les signes sOmatiques sOnt nOmbreux : hypertensiOn artérielle, accélératiOn du rythme cardiaque (tachycardie) et du rythme respiratOire (tachypnée), hyperthermie, sueurs, mydriase bilatérale, hypertOnie généralisée, trismus, dOuleurs abdOminales, nausées et vOmissements. Des manifestatiOns psychiques se surajOutent au tableau: état délirant aigu, maniaque, paranOïde, avec agressivité (viOlence, suicide). Le décès peut survenir par trOuble du rythme cardiaque, par tachycardie Ou par spasme des cOrOnaires (infarctus). Les accidents artériels (hémOrragie cérébrale Ou pulmOnaire) sOnt relativement fréquents. On a décrit épisOdiquement des rhabdOmyOlyses et une anurie par nécrOse des tubules rénaux.